lundi 15 mars 2010

Grand Symposium Franco-Africain 2010




En l’an 2010,


la décolonisation


de l’Afrique ex-française


a-t-elle livré tous ses secrets ?




A l’occasion du 50e anniversaire des indépendances africaines et de l’Année de l’Afrique en France, le Grand Symposium Franco-Africain 2010, organisé par les Editions L’Harmattan et le Club Novation Franco-Africaine, s’est fixé pour objectif de répondre à cette passionnante question. Sans tabou ni fard. Pour éclairer le passé, et préparer un avenir qu’on espère, enfin, meilleur.


Sur le thème général de La décolonisation de l’Afrique ex-française et ses enjeux pour la France et l’Afrique d’aujourd'hui, deux questions ont été proposées aux différents intervenants. Il s’agit de savoir si la décolonisation franco-africaine fut le résultat de luttes acharnées pour l'indépendance ou la conséquence, pour les uns et les autres, de l’égalité refusée ? Est-ce la chronique de la liberté arrachée ou du divorce imposé ?


C’est aussi l’occasion d’évaluer la portée des relations franco-africaines, pour décrypter en creux le télescopage des mémoires, des histoires et esquisser d’indispensables perspectives d’avenir.


Ces questions, par leur subtile audace, situent le débat à la pointe ce qu’il est convenu d’appeler les études postcoloniales.


Dans le Grand Symposium Franco-Africain 2010, se croisent les regards des membres du Club Novation Franco-Africaine – qui soutient que l’Etat français poussa délibérément les territoires d’Afrique vers l’indépendance, pour des raisons inavouables – et d’intervenants extérieurs, afin d'ouvrir de nouvelles perspectives…


Le Grand Symposium Franco-Africain vous souhaite bonne année 2010… et bonne révolution !


Colloque-Grand Symposium Franco-Africain, samedi 16 janvier 2010, de 9 h à 15 h, au Théâtre du Lucernaire, à Paris. Métro Notre-Dame-des-Champs.


mardi 8 septembre 2009

Manifeste du Club Novation Franco-Africaine

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Manifeste
du
Club Novation Franco-Africaine


constellation d’individus et de facettes libres

Tristan Tzara



Intention générale


Le Club Novation Franco-Africaine, est ouvert à toutes les femmes et à tous les hommes de bonne volonté qui souscrivent aux principes énoncés dans le Manifeste du Club Novation Franco-Africaine.

Le Club Novation Franco-Africaine, en mettant en lumière l’histoire occultée franco-africaine, en dissipant les mensonges, veut mettre en place les conditions d’une nouvelle fraternité, afin qu’une politique franco-africaine novatrice devienne enfin possible.


Principes généraux


Depuis près de cinquante ans, l’histoire franco-africaine est lue à travers un prisme déformant.

L’histoire officielle, érigée en véritable « idéologie de la Ve République », affirme que la France fut contrainte, malgré elle, de se retirer d’Afrique, sous la pression des peuples et de leurs leaders avides d’indépendance.

Or nous voyons les choses de façon sensiblement différente.

* * *

Après la Seconde Guerre mondiale, la majorité des leaders d’Afrique subsaharienne ne réclamaient pas l’indépendance, mais l’égalité politique.

Par ce biais, Lamine Guèye, Léopold Sédar Senghor, Félix Houphouët-Boigny, Léon M’Ba et bien d’autres leaders politiques africains entendaient consolider l’ensemble franco-africain et la République française, « une et indivisible ».

Leur donner satisfaction aurait provoqué une métamorphose du peuple français. Le Parlement s’en serait trouvé fortement marqué, tout comme le gouvernement.

Une telle révolution aurait mis un terme au colonialisme. Car si les territoires ou les États africains et la France s’étaient unis dans un cadre strictement démocratique, le colonialisme aurait certainement été, de ce fait, aboli. Par le jeu de la démocratie, l’exploitation des peuples d’outre-mer n’aurait pu perdurer. Les dirigeants français – européens ou africains –, dorénavant suspendus à la sanction des urnes des citoyens d’Afrique autant qu’à celle des métropolitains, auraient été contraints de traiter l’ensemble du peuple français, y compris au sud de la Méditerranée, avec dignité. Il eût fallu en effet procéder à la redistribution équitable de l’impôt, sous la forme de tous les services publics qui contribuent au développement efficace d’une nation : école gratuite, sécurité sociale, infrastructures, etc.

Au tournant des années 1950, refusant de satisfaire la revendication d’égalité des populations et des hommes politiques africains, refusant, surtout, les conséquences impliquées par ce choix, la majorité de la classe politique métropolitaine, de droite comme de gauche, se résolut à procéder à la « décolonisation ». Selon un plan mûrement réfléchi, que le général de Gaulle se chargea d’exécuter.

C’est ainsi que la Métropole choisit de se séparer de ses anciennes colonies, en démembrant la « plus grande France », afin d’esquiver, selon les termes de l’époque, la « bougnoulisation » – comprendre le métissage de la nation et du peuple français, du Parlement et du gouvernement français. Mais aussi pour rendre possible la perpétuation du système colonialiste, que la démocratie dans la République eût interdit.

Ce choix, le général de Gaulle et ses alliés métropolitains de droite comme de gauche, encouragés voire appuyés par des puissances étrangères (notamment les États-Unis et l’Union Soviétique), l’imposèrent à des leaders politiques et des populations africaines souvent réticentes voire radicalement hostiles à l’indépendance. Car à l’époque, l’histoire avait tissé des liens profonds et intenses entre beaucoup d’Africains et la France, des bancs de l’école aux champs de bataille, comme l’a rappelé au grand public le film Indigènes de Rachid Bouchareb.


* * *

Ayant réussi à séparer la France et l’Afrique, connaissant la force des sentiments francophiles et républicains en terre africaine, les dirigeants métropolitains, de droite comme de gauche, durent prévenir tout risque de retour à une dangereuse revendication d’unité franco-africaine dans la République et la démocratie.

C’est dans ce but que fut mise en place une idéologie complexe qui refoula tout un pan de l’histoire et de la sensibilité franco-africaine.

En Afrique comme en France, quoique diversement, tout fut mis en œuvre pour que les peuples oublient leur histoire commune et leur fraternité par delà les races, les cultures et les religions.

Les belles signares, le roi Makoko, Pierre Savorgnan de Brazza et le grand Esprit Nkoué Mbali, Faidherbe et Schœlcher, Blaise Diagne, Robert Delavignette, Gaston Monnerville, Lamine Guèye, les tirailleurs sénégalais, mais aussi Toussaint Louverture et le général Dumas… Autant de noms qui disparurent des mémoires, ou furent désormais présentés de façon partielle et partiale, au service de l’idéologie de la séparation.


* * *

La vision tronquée de l’histoire qui prédomine encore aujourd’hui entrave gravement et pollue les relations franco-africaines. Rien de sain ne peut se construire sur un mensonge, sur des non-dits, sur des sensibilités et des identités refoulées. Les crises identitaires, plus généralement les crises de système en France sont le pendant des crises politiques et sociales qui déchirent l’Afrique depuis des décennies.

C’est avec à l’esprit l’idée que les différents peuples qui composent aujourd’hui l’Afrique francophone, la France métropolitaine et de les DOM TOM, furent un jour un seul grand peuple en voie de fusion – fusion balbutiante selon les uns, commencements exemplaires selon les autres – que le Club Novation Franco-Africaine entend rappeler aux jeunes générations, en Afrique et en France, ce monde fraternel renié.

* * *

Le Club Novation Franco-Africaine ne se bornera pas à mettre au jour les vestiges d’un monde abîmé.

Il entend aussi, fort des leçons du passé appréhendées avec un nouveau regard, trouver dans un rapprochement fraternel et constructif entre la France et l’Afrique les clefs pour le monde de demain. Ces retrouvailles sont plus que jamais d’actualité, comme l’a démontré la campagne présidentielle 2007 en France, comme le démontrent les préoccupations sécuritaires de nos autorités, comme le réclament beaucoup d’intellectuels africains. Comme de plus en plus d’hommes l’espèrent et le croient, en Afrique aussi bien qu’en France.

Car nos pays et le monde endurent un malaise, fruit des non-dits et des travestissements d’un système mondial trop sûr de lui et trop sûr de nos silences. Convaincu que l’esprit de la France « éternelle » est celui de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité entre tous les hommes, de la démocratie dans la République laïque et sociale, que le monde meurt d’obscurantisme et d’égoïsme de nos jours encore, le Club Novation Franco-Africaine espère contribuer, à travers cent bouches et mille cœurs, à faire renaître une grande idée de la France, qui est nécessairement, aussi, africaine ; et, corrélativement, une grande idée de l’Afrique, qui est, nécessairement, aussi, française. Pour construire la nouvelle Afrique et la nouvelle France.


Moyens d’action

Ancré dans le réel, le Club Novation Franco-Africaine se voue aussi à l’action.

Le Club Novation Franco-Africaine s’emploiera à favoriser l’émergence et la diffusion de tout ouvrage ou de tout document audiovisuel susceptible de mettre à nu ce que nous avons appelé l’idéologie de la Ve République, afin de restituer, en particulier aux jeunes générations, l’histoire commune dans sa complexité et sa fraternité trop oubliées.

Le Club Novation Franco-Africaine mettra tout en œuvre afin qu’à l’avenir, les axes historiographiques fondamentaux exposés dans le Manifeste du Club Novation Franco-Africaine soient, le plus rapidement possible, pris en compte dans l’élaboration des programmes scolaires.

Le Club Novation Franco-Africaine s’attèlera à la préparation d’un Symposium franco-africain qui, dès la première année, visera à définir un programme au service d’une vision vertueuse et stratégique des relations franco-africaines. Ce programme sera soumis aux instances dirigeantes des pays concernés.

Le Club Novation Franco-Africaine diffusera systématiquement les résultats de ses travaux en direction des médias et des associations.

Le Club Novation Franco-Africaine ira aussi, notamment, à la rencontre des femmes et des hommes politiques français et africains, de droite comme de gauche, pour les questionner sur ce pan historique et politique qu’il met au jour : l’histoire occultée de la décolonisation franco-africaine et ses inavouables non-dits. Afin de les interroger, à cette aune, sur les propositions qui sont les leurs aujourd’hui, en matière de réflexion et d’action franco ou euro-africaines.


Objectifs

Que l’Afrique et la France renouent l’une avec l’autre, dans un rapport de fraternité, c’est-à-dire d’estime réciproque et de respect de l’autre dans son originalité et ses spécificités, sans être aveugles à leur profonde et commune identité, forgée par l’histoire et enracinée dans l’humain.

Fort de cette conviction, loin des rancœurs mais sans amnésie, conscient que tout crime, tout crime raciste en particulier, nous renvoie avant tout à nos faiblesses d’homme, le passé doit redevenir source de leçons pour mieux agir, non un prétexte pour commettre de nouveaux crimes.

Persuadé par-dessus tout, dans le sillage d’Alioune Diop, que l’homme de demain sera un homme moderne, un honnête homme debout face à tous les esclavages et à toutes les superstitions, ouvert à l’Autre et au monde, fier de ses racines sans y être empêtré, le Club Novation Franco-Africaine entend œuvrer pour qu’une nouvelle politique franco-africaine devienne réalité, dans la Liberté, l’Egalité, la Fraternité et la Laïcité. Fidèle au souvenir de la sublime Nuit du 4 août 1789, qui surgit sous les cieux de France, mais s’adressait dans la joie à tous les hommes de l’univers.


Fait à Paris, Bordeaux et Düsseldorf,
octobre 2007-septembre 2009

Jean-Marie Aimé
Mauricio Garay
Claude Garrier
Alexandre Gerbi
Soraya Karimi
Magloire Kede Onana
Samuel Mbajum
Simon Mougnol
Jacques Owono
Hilaire Sikounmo
Raphaël Tribeca
Agnès Ullrich

Contact / Information : .cnfa1
@yahoo.fr


mercredi 22 juillet 2009

APPEL A CONTRIBUTION

pour un colloque international intitulé

"Grand Symposium franco-africain 2010".



Date limite de dépôt : 08/11/2009




A l'occasion du 50e anniversaire des indépendances africaines en 2010, les éditions L'Harmattan et le Club Novation Franco-Africaine s'associent pour organiser un colloque international intitulé "Grand Symposium franco-africain 2010".

Ce colloque se décomposera en deux volets, sur le thème général :



Décolonisation franco-africaine :

enjeux pour l'Afrique et la France d'aujourd'hui




Argument et questions :

Un demi-siècle après les indépendances africaines, beaucoup le murmurent sans oser le formuler : l'Histoire franco-africaine doit faire l'objet d'un complément d'information, presque d'un supplément d'âme...

Le thème général du colloque, La décolonisation franco-africaine : enjeux pour l'Afrique et la France d'aujourd'hui, sera décliné selon deux axes complémentaires.


Premier volet :

D'abord la question historique, pour éclairer le présent :

La décolonisation franco-africaine : luttes pour l'indépendance ou égalité refusée, liberté arrachée ou divorce imposé ? Enjeux actuels.


Deuxième volet :

Ensuite la question de prospective, pour envisager le futur, dans une nécessaire articulation avec le passé :

Relations franco-africaines : quelle(s) mémoire(s), quelle(s) perspective(s), quel(s) avenir(s) ?


Contributions et échéances :

Les contributeurs sont invités à répondre à l'une et/ou l'autre de ces problématiques, dans l'esprit du thème général, en précisant le volet (1er volet et/ou 2ème volet) dans lequel leur contribution entend s'inscrire.

Les propositions de contribution seront examinées par un Comité composé de représentants des éditions L'Harmattan et du Club Novation Franco-Africaine.

Chaque contribution retenue fera l'objet :

- soit d'une intervention de son auteur dans le cadre du colloque international organisé au Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, à Paris, au cours du premier trimestre 2010 et d'une publication parmi les Actes du Colloque aux Editions L'Harmattan.

- soit d'une publication dans les Actes du Colloque, aux Editions L'Harmattan.

Les contributions, rédigées ou traduites en français, doivent être adressées avant le 8 novembre 2009 inclus, par voie électronique ou postale, aux adresses mentionnées ci-dessous.

Les contributions ne doivent pas excéder 35.000 signes (espaces compris et notes non comprises).

Vous êtes prié(e)s d'inclure, après le titre, un résumé de 3.000 signes maximum (espaces compris), et à la fin du texte, la liste de vos principales publications (ouvrages, articles) et/ou conférences, ainsi que vos coordonnées pour toute correspondance à venir.

Les auteurs des contributions retenues seront informés au plus tard le 5 décembre 2009.


Editions L'Harmattan / Club Novation Franco-Africaine
Colloque international - Grand Symposium 2010
5-7 rue de l'Ecole Polytechnique
75005 Paris

Adresse courriel :

colloquefrancoafricain@yahoo.fr

lucernaireforum@wanadoo.fr

vendredi 24 avril 2009

Samuel Mbajum : Pourquoi le site Afrique Debout



Samuel Mbajum, écrivain, membre cofondateur du Club Novation Franco-Africaine, a créé il y a quelques années le site Afrique Debout. Dans ce texte publié en 2007, et que nous reproduisons dans son intégralité avec l'aimable autorisation de l'auteur, il expliquait les raisons qui l'ont décidé à créer son propre site. Depuis, les relations franco-africaines et le nécessaire travail de mémoire ont-ils évolué dans le bon sens ? A chacun d'en juger, en attendant que l'avenir apporte des réponses concrètes et indiscutables...

Dans ce texte, Samuel Mbajum évoque également le projet auquel il s'est attelé depuis plusieurs années : une recherche approfondie sur les tirailleurs sénégalais, libérateurs trop oubliés de la France pendant la Seconde Guerre mondiale.
..

Bonne lecture !



POURQUOI LE SITE www.afriquedebout.com


par

...........Samuel Mbajum



Un profond malaise gangrène actuellement, lentement mais sûrement, sans que les politiques français semblent vraiment s’en rendre compte, les relations entre la France et son ancien empire d’Afrique.

L’explosion de novembre 2005 dans certaines banlieues, qui n’ont a priori rien à voir avec cette question, constitue à cet égard une étape cruciale d’une situation qui, si on n’y prend suffisamment garde peut, à court terme, constituer un véritable champ de mines pour la France. On peut noter actuellement une montée effrénée de l’islamisme, tapi dans l’ombre, quand il n’agit pas quelques fois à visage découvert, prêt à utiliser ces « jeunes Français issus de la colonisation » (formule que je préfère à celle de « issus de l’immigration », source de tant d’écrits et autres déclarations imbéciles), qui se sentent, à tort ou à raison, rejetés par la République. Situation toujours hautement explosive s’il en est…

Dans le livre d’entretiens[1] que j’ai publié avec l’ancien Gouverneur de la France d’Outre-Mer Louis SANMARCO (95 ans) nous essayons de dégager la part de responsabilité des conditions soudaines et politiquement mal préparées dans lesquelles se sont opérées à partir de 1958 les indépendances des pays africains liés à la France. Car la responsabilité principale des malentendus actuels part de là, surtout qu’à partir de là rien ne fut fait pour expliquer à l’opinion française les conditions exactes dans lesquelles l’empire d’Afrique avait éclaté. A cet égard, la publication du livre d’Alain PEYREFITTE (« C’était de GAULLE ») aurait pu, aurait même dû (compte tenu de la densité des informations qu’il apportait sur cette période) avoir un retentissement certain et provoquer dans l’opinion un débat utile et purificateur. Or il n’en fut rien, alors que cet ouvrage faisait des révélations troublantes. Je suis convaincu que si tout avait été fait pour amener le grand public, aussi bien en France qu’en Afrique, à s’y intéresser vraiment, cela aurait probablement provoqué dans l’opinion, un débat direct et franc ; de part et d’autre on aurait pu transcender les motivations profondes qui avaient contraint ( ?) de GAULLE à pousser hors de l’empire français les pays africains au moment où, en votant « oui » au référendum constitutionnel de 1958, ils ne demandaient qu’à rester « français », en bénéficiant cependant de l’égalité des droits et des devoirs au sein de la République française une et indivisible…

J’ai eu la chance de rencontrer cet être exceptionnel qu’a été Louis SANMARCO qui, en servant l’Afrique avec ses tripes, a fait honneur à la France. Comme l’écrit à juste titre à son propos le Président Abdou DIOUF, qui nous a fait l’honneur de préfacer notre livre, « tout au long de sa carrière, il se fit le champion de la justice, de la tolérance et de la vérité envers les populations qu’il administra, pour l’honneur de la France et l’amour de l’Afrique. » Car, tout est là ! Sur le débat controversé des bienfaits de la colonisation, je me contenterai grosso modo de dire que la bonne ou la mauvaise perception de la colonisation par les peuples qui ont été colonisés se fait à travers le souvenir qu’ont laissé sur le terrain les représentants de cette colonisation. L’image effroyable qu’a laissée le général von TROTHA dans la colonie allemande du Sud-Ouest Africain où il avait massacré les Herreros n’a rien de comparable à celle laissée par son compatriote Theodor SEITZ dans la colonie allemande du Cameroun. Ce point fait partie de ceux sur lesquels je souhaite engager, avec ceux qui me feront l’honneur de visiter ce site, un débat franc, sincère, objectif et sans passion. Tout comme la question de la « repentance », que Christophe BARBIER et Eric MANDONNET ont qualifiée[2] de « levure du dernier mal français en date », avant d’ajouter : « Pour faire de son passé un patrimoine, la France quitte brutalement l’omerta pour le grand déballage, et la repentance sert de sas de décompression. » Très bien ! Mais alors, pourquoi y a-t-il eu et par qui a été entretenue cette omerta au départ ?

Dans un autre article intitulé « Colonisation : le mal de la repentance. » BARBIER et MANDONNET écrivaient aussi : « La gravité des événements des banlieues provient non pas de leur violence, mais de la nature du déchirement. « Nous vivons une crise d’identité, explique le député UMP Pierre LELLOUCHE. Nous sommes passés de la fracture sociale à la fracture nationale. » La France se croyait blonde aux yeux bleus ; elle se réveille noire et frisée, complète un de ses collègues. Et ça se voit dans le RER. » Evoquant l’émergence de la mémoire coloniale qui fait pendant à la théorie de ceux qui se refusent à toute repentance à propos de la colonisation, le regretté historien Claude LIAUZU[3] avait, dans un entretien avec Laetitia Van EECKHOUT[4], eu le mérite de recentrer ce débat dans le sens de l’apaisement, apaisement nécessaire, si la société veut mettre courageusement sur la table ses problèmes afférents à ces questions brûlantes pour en débattre sans a priori et sans passion. Ainsi, il estimait qu’il y a « un risque à occulter les crimes et le racisme inhérents au fait colonial. Ces dénis de l’histoire encouragent aujourd’hui ceux qui réactivent les réflexes nationalistes et confortent, par contrecoup, ceux qui prônent l’enfermement communautaire des groupes disqualifiés, ainsi interdits de passé. D’un côté, on a une histoire mensongère, celle de la colonisation positive, et, de l’autre, une histoire faussée, fondée sur le ressentiment : c’est extrêmement dangereux d’un côté comme de l’autre. » Et, sur la question de la repentance, sa réponse fusait, sans ambiguïté, comme un appel à la sagesse de tous : « Sans aller jusqu’à la repentance, il faut savoir dire la vérité, et la dire assez fortement pour que tout le monde l’entende. »

Mon intention en créant ce site est précisément d’apporter ma très modeste contribution à la recherche d’une part de cette vérité, à élargir ce débat. J’ai choisi pour cela une voie que certains jugeront peut-être surprenante : celle qui consiste à montrer qu’à bien y regarder, un lien indélébile unit la France à ses anciennes colonies d’Afrique, lien constitué par un pacte de sang qui a créé, n’en déplaise à ceux qui font tout pour occulter ce pan de notre histoire commune, une fraternité de sang entre nos peuples. C’est pour cette raison que je compte m’attacher principalement à montrer aux jeunes Français (Blacks, Blancs et Beurs, à qui on ne l’a jamais vraiment enseigné) la part de sacrifices consentis par ceux qu’on a appelés « les Tirailleurs Sénégalais » (nom générique attribué à tous les combattants d’Afrique Noire) au cours principalement des guerres de 14-18 et de 39-45 pour aider la France à sauvegarder sa liberté et son indépendance. Car, combien de Français (et d’Africains d’ailleurs) savent que, sur les 1038 Compagnons de la Libération (personnes physiques) il y avait des Noirs d’Afrique ? Combien savent-ils qu’il y a eu des combattants noirs dans la Résistance ? Qui connaît l’histoire du jeune Gabonais Georges DUKSON, membre des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) dans son quartier du 17e arrondissement de Paris ?…

Je ne veux pas m’étendre sur la douloureuse affaire du gel des pensions de ces anciens Tirailleurs Sénégalais, même si je ne peux l’occulter. Je voudrais simplement citer le témoignage plein d’amertume de l’un d’entre eux, qui résume à lui seul l’ensemble du malaise qui pollue les relations entre les peuples africains et français. Il a été publié le 25 août 2004 dans « Histoire et colonies », sous le titre « Ces Africains qui libérèrent la Provence, nommons-les… » Il s’agit du Sénégalais Issa SESSE (83 ans en 2004), qui débarqua à Saint-Tropez le 15 août 1944 à 4h du matin. Faisant abstraction de sa maigre pension, il estime surtout que « ce qui est malheureux c’est que les enfants n’ont pas le droit d’aller en France ; d’autres étrangers sont plus considérés que nos enfants avec leurs grands-parents qui ont fait la guerre se croyant français. » Il a également été marqué par l’ignorance des jeunes Français de ce qu’ont fait les Tirailleurs Sénégalais : « J’ai été à Paris, j’ai entendu les jeunes qui me voient avec les médailles et me demandent « pourquoi tu portes ça ? » Je leur explique et eux ils disent : « nous n’avons pas appris que des Tirailleurs Sénégalais ont fait la guerre en France », j’ai dit « comment, avec tous ceux tués en France ? » L’Afrique n’a pas compté dans la guerre…Heureusement, éclate-t-il de rire, tout le monde n’est pas mort. » Force est d’admettre que là réside un des drames de la France, qui n’a pas expliqué son histoire à sa jeunesse, ce qui entraîne malentendus et incompréhensions… Une situation qu’un débat franc et positif peut redresser. Je serais ravi d’y contribuer, avec tous ceux qui jugent cette situation anormale.

D’ores et déjà je remercie chaleureusement tous ceux qui, informés de mes intentions, encouragent et saluent mon initiative, au premier rang desquels les responsables du Mémorial Leclerc et d’autres organismes étroitement liés à l’histoire de la libération de la France ; des communes qui m’ont déjà communiqué des documents relatifs aux différents lieux de mémoire dédiés aux Tirailleurs Sénégalais (cimetières, monuments, stèles, dalles, plaques commémoratives…) ; des Anciens Combattants, des chercheurs et historiens qui ont répondu gentiment à mes demandes… Tous sont d’avis que ces Tirailleurs Sénégalais méritent qu’on leur rende l’hommage dont ils n’ont pas toujours bénéficié. C’est ce que nous essaierons de faire ensemble, si vous le voulez bien, si vous le souhaitez…

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Samuel MBAJUM
Officier de l’Ordre National du Mérite


[1] « Gouverneur SANMARCO/Samuel MBAJUM : ENTRETIENS SUR LES NON-DITS DE LA DECOLONISATION. » L’Officine.
[2] L’Express du 15/12/2005
[3] Il est mort dans son sommeil le 23 mai 2007.
[4] Le Monde du 8 mai 2005.

mercredi 22 avril 2009

Discours de Dakar : Les complicités coupables de Ségolène Royal


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Discours de Dakar :

Les complicités coupables

de Ségolène Royal

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.
par
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Alexandre Gerbi
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Dans le discours de Dakar de Ségolène Royal, le meilleur a côtoyé le pire.

Le meilleur, c’est l’affirmation que l’Afrique est « au cœur » des « préoccupations » de l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle.

Sachons apprécier cette belle affirmation. Pendant trop d’années, la classe politique française s’est souciée de l’Afrique comme d’une vieille chaussette. Il faut donc se féliciter de voir depuis quelque temps l’Afrique ressurgir dans le discours politique français, même si les ambitions chinoises, états-uniennes ou autres, en menaçant les positions françaises au sud du Sahara, ne sont peut-être pas totalement étrangères à ce soudain regain d’intérêt…

Au demeurant, une telle affirmation, dans cette bouche d’or socialiste, peut prêter à sourire. En effet, même si Ségolène Royal cherche, en égrenant fiévreusement les maigres occurrences de l’Afrique dans ses discours et écrits passés, à démontrer l’intérêt majeur qu’elle porte soi-disant au Continent-Mère, il n’est pas besoin de remonter aux calendes pour relativiser l’affirmation : dans la motion ségoléniste (motion E) du Congrès de Reims en novembre 2008, les mots « Afrique » et « Africain(s) » n’apparaissaient pas une seule fois – non, pas une seule fois… Si l’Afrique et les Africains sont « au cœur » des « préoccupations » de Ségolène Royal, force est de constater que c’est parfois sous une forme spectrale particulièrement diaphane…

Pour ce qui est des actions concrètes, la présidente de la région Poitou-Charentes, en politicienne madrée, sait mettre les petits plats dans les grands. Une camionnette frigorifique offerte aux femmes de Thiaroye, assortie de trois ou quatre mesurettes d’une ampleur analogue, et voici le monde qui change « globalement ». De telles incantations, plus magiques qu’économiques et politiques, une fois encore, prêteraient à sourire, si la situation du Continent n’était pas « globalement » tragique…

Venons-en maintenant au pire.

Nous nous abstiendrons d’ironiser sur le fait que Ségolène Royal fustige impitoyablement le néocolonialisme, tout en faisant mine d’oublier que celui-ci atteignit des sommets phénoménaux et particulièrement désastreux sous le double règne de François Mitterrand – dont elle fut ministre. Cela, bien sûr, Ségolène Royal semble n’en garder nul souvenir…

Nous n’aurons pas la cruauté de souligner que, comme Nicolas Sarkozy dans son discours de Dakar en 2007, Ségolène Royal tend à réduire, au gré d’une rhétorique fort à la mode, la colonisation à une faute, et l’ère coloniale au colonialisme, c’est-à-dire à son versant obscur et criminel. Au passage, elle oublie que la colonisation fut en grande partie un projet de gauche, que des générations de politiciens français de tout bord, traîtres aux principes les plus fondamentaux de la République, ont dévoyé aux dépens des Africains, mais aussi du peuple français qui jamais ne souscrivit aux dérives affreuses du colonialisme.

En revanche, il convient de souligner ceci : Ségolène Royal prétend s’opposer frontalement à Nicolas Sarkozy. En réalité, elle partage avec lui le même fonds de commerce idéologique, essentiellement mensonger…

En effet, à l’instar du président de la République, celle à qui l’on prête les plus hautes prétentions gouvernementales suit point par point le petit catéchisme de la Ve République blanciste, cet arsenal fallacieux diffusé conjointement, pour le dire vite, par le binôme de Gaulle-Sartre, ou si l’on préfère par la droite et l’extrême-droite alliées, en la circonstance, à la gauche et à l’extrême-gauche françaises. Sous la houlette, en ce temps-là, des Etats-Unis ségrégationnistes et de l’URSS stalinienne ou poststalinienne, superpuissances impérialistes grandes donneuses de leçons en matière démocratique, et alliées objectives dans cette affaire…

Ségolène Royal, comme Nicolas Sarkozy, prétend tenir aux Africains un discours de vérité. Et sur-le-champ, voici qu’elle déroule des chapelets de contrevérités sur la décolonisation, déployant la classique mythologie d’une Afrique avide d’indépendance, mythologie qui permit en réalité, il y a cinquante ans, de larguer « en finesse » les populations africaines de la France (à grand renfort de coup d’Etat, de promesses solennelles trahies et de Constitution violée pour museler la démocratie), plutôt que de satisfaire ce qui était la revendication fondamentale de l’immense majorité des Africains : non pas l’indépendance, mais tout au contraire l’égalité politique et la fraternité (oui, Madame, la Fra-Ter-Ni-Té) dans la République. Car cette égalité politique, Léopold Sédar Senghor, Félix Houphouët-Boigny ou Léon Mba pensaient qu’elle conduirait à l’abolition du colonialisme, par l’extension du modèle de développement économique et social hexagonal à tous les territoires africains de la France, dans le cadre, à l’époque, de la grande République Franco-Africaine égalitaire et sociale. Mais il est vrai que cette égalité, aujourd’hui encore, la classe politique métropolitaine continue d’y répugner : en témoigne le sous-régime social que le gouvernement entend instaurer à Mayotte, avec la complicité du Parti Socialiste…

Ségolène Royal a beau jeu de demander pardon au nom de la France pour les grossières élucubrations qui émaillèrent le discours guaino-sarkozyen de Dakar en 2007.

Mais viendra le temps où le petit peuple d’Afrique lui demandera des comptes à son tour. Sur ses complicités avec la Ve République blanciste, et sur celles de toute la gauche française, depuis des décennies. A commencer par les affabulations et autres intoxications historiographiques qui permirent de bouter les Nègres hors de la République, et de les vouer à la troisième grande flétrissure historique que le monde noir eut à subir de la France après l’esclavage et le colonialisme : la décolonisation-largage, sous-tendue par le déni d’égalité, et son corollaire néocolonialiste, stade suprême du capitalisme.

L’occasion en sera donnée, n’en doutons pas, dès l’an prochain, avec le 50e anniversaire des prétendues « indépendances » africaines…

Gageons que d’ici là, Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy et bien d’autres chefs politiques français, se seront donné les moyens d’accomplir cette révolution culturelle, afin de se mettre au diapason de l’exigence de vérité dont ils ont plein la bouche.

De la sorte, ils cesseront de jeter à la figure des Africains les menteries honteuses du régime. Et par la même occasion, ils cesseront d’insulter cette France qu’ils prétendent défendre, et que nos frères d’Afrique, qui ne sont pas dupes, continuent d’aimer.




Alexandre Gerbi




samedi 14 mars 2009

Après la crise aux Antilles


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Indépendance
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par
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Claude Garrier
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Dans une interview publiée vendredi 13 février 2009 par Le Parisien, Martine Aubry déclarait : « Je crains effectivement que le sentiment de ras le bol des Guadeloupéens et des Martiniquais se diffuse ici ». Elle ajoutait : « C'est ce décalage [la surdité du chef de l’État aux attentes des Français] qui me fait craindre une propagation des événements qui agitent les Antilles ».

Voici le chef d’un parti dit « de gauche » qui craint une action de masse ; il oublie que « la force est l’accoucheuse de toute vieille société en travail » (Karl Marx, Le capital, Livre I, Garnier-Flammarion, 1969, p. 556). Il ne faut pas confondre « vieille société » et « société de vieux ». La société française, plus généralement les sociétés de l’Union Européenne et de la Russie, ne sont plus en état d’être « en travail ».

Alors que l’âge moyen en Guadeloupe est de 34,6 ans, celui de la métropole s’élève à 39,5 ans, supérieur de cinq années, ce qui explique (au regard des principes dégagés par Gaston Bouthoul) en partie l’explosion de violence dans ce département. L’âge moyen martiniquais est inférieur de trois ans à l’âge moyen national : 36,4 ans contre 39,5 ans ; plus encore, celui de la Guyane est de treize ans inférieur à celui de la France métropolitaine (26,6 ans contre 39,5 ans)1.

Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, craindrait-elle une pollution de la politique métropolitaine par les habitants des DOM-TOM, alors que se présente l'amorce d'un mouvement qui pourrait ouvrir la voie à une rupture avec 50 ans de monarchie, de « coup d’État permanent » ? En octobre-novembre 2005, l'émeute des banlieues offrait une occasion (« opportunité » dans ce sens-là est un anglicisme, certes répandu, mais pas très beau…) comparable qui n'a pas été exploitée et même qui a été rejetée avec horreur par les « socialistes » ou ceux qui se prétendent tels. Il est vrai que les émeutiers étaient présentés comme maghrébins et africains « issus de l’immigration » alors qu’il s’agissait de jeunes nés en France ; rien de bien encourageant. Hélène Carrère d'Encausse avait, à cette occasion, fustigé la polygamie, cause selon elle de la mauvaise éducation des jeunes des banlieues.

Dans l’optique politicienne d’une collecte d’électeurs, on note que le sondage d’OpinionWay-Le Figaro, publié par le Figaro, trouve 51 % de Français de l'Hexagone favorables à l'indépendance (au largage) de la Guadeloupe (et du reste) ; le questionnement auquel procède le site LePost obtient, le 2 mars 2009, 60,7 % de réponses favorables à l’indépendance de la Guyane, alors que 80 % des Guyanais ne la souhaite pas.

En 1998, Laurent Gbago, alors député de Côte d’Ivoire, évoquait, dans un entretien privé, la discussion qu’il avait eue avec les indépendantistes antillais. Alors que Laurent Gbagbo s’étonnait de ce qu’ils avaient abandonné leur revendication, les ex-indépendantistes lui avaient répondu que c’était « à cause de la petite voiture jaune », celle de la poste qui apporte les mandats d’allocations familiales, d’aides au logement, etc.

La volonté de maintien dans la structure française n’est pas désintéressée pour tous les « départemento-colonisés ». Est-elle plus sincère ailleurs ?

Je rappelle que les Alsaciens ont accepté de revenir dans la structure française en 1918 sous la condition de préserver les avantages tirés du concordat (rémunération des clergés par l’État, enseignement de la théologie à l’université de Strasbourg), maintien de la forme échevinale des tribunaux de commerce (un président, magistrat professionnel, des assesseurs commerçants élus) et des conseils de prud’hommes (forme abandonnée : loi du 6 mai 1982), un régime d’assurances maladie alors inconnu en France et généralisé en 1945.

Il y a peu de mariages complètement désintéressés. Cela n’a pas empêché des Alsaciens de choisir la France en juin 1940 (au lieu de retourner dans leur région) et de continuer le combat sous des formes diverses jusqu’à l’écrasement des forces allemandes.

La situation présente, particulièrement les atermoiements voulus par l’Élysée et le Medef, est-elle destinée à préparer le largage des derniers « Nègres », l'aboutissement de l'opération entreprise par de Gaulle et consorts2 ?




Claude Garrier

lundi 2 mars 2009

Manifeste du Club Novation Franco-Africaine

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Manifeste
du
Club Novation Franco-Africaine


constellation d’individus et de facettes libres

Tristan Tzara



Intention générale


Le Club Novation Franco-Africaine, est ouvert à toutes les femmes et à tous les hommes de bonne volonté qui souscrivent aux principes énoncés dans le Manifeste du Club Novation Franco-Africaine.

Le Club Novation Franco-Africaine, en mettant en lumière l’histoire occultée franco-africaine, en dissipant les mensonges, veut mettre en place les conditions d’une nouvelle fraternité, afin qu’une politique franco-africaine novatrice devienne enfin possible.


Principes généraux


Depuis près de cinquante ans, l’histoire franco-africaine est lue à travers un prisme déformant.

L’histoire officielle, érigée en véritable « idéologie de la Ve République », affirme que la France fut contrainte, malgré elle, de se retirer d’Afrique, sous la pression des peuples et de leurs leaders avides d’indépendance.

Or nous voyons les choses de façon sensiblement différente.

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Après la Seconde Guerre mondiale, la majorité des leaders d’Afrique subsaharienne ne réclamaient pas l’indépendance, mais l’égalité politique.

Par ce biais, Lamine Guèye, Léopold Sédar Senghor, Félix Houphouët-Boigny, Léon M’Ba et bien d’autres leaders politiques africains entendaient consolider l’ensemble franco-africain et la République française, « une et indivisible ».

Leur donner satisfaction aurait provoqué une métamorphose du peuple français. Le Parlement s’en serait trouvé fortement marqué, tout comme le gouvernement.

Une telle révolution aurait mis un terme au colonialisme. Car si les territoires ou les États africains et la France s’étaient unis dans un cadre strictement démocratique, le colonialisme aurait certainement été, de ce fait, aboli. Par le jeu de la démocratie, l’exploitation des peuples d’outre-mer n’aurait pu perdurer. Les dirigeants français – européens ou africains –, dorénavant suspendus à la sanction des urnes des citoyens d’Afrique autant qu’à celle des métropolitains, auraient été contraints de traiter l’ensemble du peuple français, y compris au sud de la Méditerranée, avec dignité. Il eût fallu en effet procéder à la redistribution équitable de l’impôt, sous la forme de tous les services publics qui contribuent au développement efficace d’une nation : école gratuite, sécurité sociale, infrastructures, etc.

Au tournant des années 1950, refusant de satisfaire la revendication d’égalité des populations et des hommes politiques africains, refusant, surtout, les conséquences impliquées par ce choix, la majorité de la classe politique métropolitaine, de droite comme de gauche, se résolut à procéder à la « décolonisation ». Selon un plan mûrement réfléchi, que le général de Gaulle se chargea d’exécuter.

C’est ainsi que la Métropole choisit de se séparer de ses anciennes colonies, en démembrant la « plus grande France », afin d’esquiver, selon les termes de l’époque, la « bougnoulisation » – comprendre le métissage de la nation et du peuple français, du Parlement et du gouvernement français. Mais aussi pour rendre possible la perpétuation du système colonialiste, que la démocratie dans la République eût interdit.

Ce choix, le général de Gaulle et ses alliés métropolitains de droite comme de gauche, encouragés voire appuyés par des puissances étrangères (notamment les États-Unis et l’Union Soviétique), l’imposèrent à des leaders politiques et des populations africaines souvent réticentes voire radicalement hostiles à l’indépendance. Car à l’époque, l’histoire avait tissé des liens profonds et intenses entre beaucoup d’Africains et la France, des bancs de l’école aux champs de bataille, comme l’a rappelé au grand public le film Indigènes de Rachid Bouchareb.


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Ayant réussi à séparer la France et l’Afrique, connaissant la force des sentiments francophiles et républicains en terre africaine, les dirigeants métropolitains, de droite comme de gauche, durent prévenir tout risque de retour à une dangereuse revendication d’unité franco-africaine dans la République et la démocratie.

C’est dans ce but que fut mise en place une idéologie complexe qui refoula tout un pan de l’histoire et de la sensibilité franco-africaine.

En Afrique comme en France, quoique diversement, tout fut mis en œuvre pour que les peuples oublient leur histoire commune et leur fraternité par delà les races, les cultures et les religions.

Les belles signares, le roi Makoko, Pierre Savorgnan de Brazza et le grand Esprit Nkoué Mbali, Faidherbe et Schœlcher, Blaise Diagne, Robert Delavignette, Gaston Monnerville, Lamine Guèye, les tirailleurs sénégalais, mais aussi Toussaint Louverture et le général Dumas… Autant de noms qui disparurent des mémoires, ou furent désormais présentés de façon partielle et partiale, au service de l’idéologie de la séparation.


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La vision tronquée de l’histoire qui prédomine encore aujourd’hui entrave gravement et pollue les relations franco-africaines. Rien de sain ne peut se construire sur un mensonge, sur des non-dits, sur des sensibilités et des identités refoulées. Les crises identitaires, plus généralement les crises de système en France sont le pendant des crises politiques et sociales qui déchirent l’Afrique depuis des décennies.

C’est avec à l’esprit l’idée que les différents peuples qui composent aujourd’hui l’Afrique francophone, la France métropolitaine et de les DOM TOM, furent un jour un seul grand peuple en voie de fusion – fusion balbutiante selon les uns, commencements exemplaires selon les autres – que le Club Novation Franco-Africaine entend rappeler aux jeunes générations, en Afrique et en France, ce monde fraternel renié.

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Le Club Novation Franco-Africaine ne se bornera pas à mettre au jour les vestiges d’un monde abîmé.

Il entend aussi, fort des leçons du passé appréhendées avec un nouveau regard, trouver dans un rapprochement fraternel et constructif entre la France et l’Afrique les clefs pour le monde de demain. Ces retrouvailles sont plus que jamais d’actualité, comme l’a démontré la campagne présidentielle 2007 en France, comme le démontrent les préoccupations sécuritaires de nos autorités, comme le réclament beaucoup d’intellectuels africains. Comme de plus en plus d’hommes l’espèrent et le croient, en Afrique aussi bien qu’en France.

Car nos pays et le monde endurent un malaise, fruit des non-dits et des travestissements d’un système mondial trop sûr de lui et trop sûr de nos silences. Convaincu que l’esprit de la France « éternelle » est celui de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité entre tous les hommes, de la démocratie dans la République laïque et sociale, que le monde meurt d’obscurantisme et d’égoïsme de nos jours encore, le Club Novation Franco-Africaine espère contribuer, à travers cent bouches et mille cœurs, à faire renaître une grande idée de la France, qui est nécessairement, aussi, africaine ; et, corrélativement, une grande idée de l’Afrique, qui est, nécessairement, aussi, française. Pour construire la nouvelle Afrique et la nouvelle France.


Moyens d’action

Ancré dans le réel, le Club Novation Franco-Africaine se voue aussi à l’action.

Le Club Novation Franco-Africaine s’emploiera à favoriser l’émergence et la diffusion de tout ouvrage ou de tout document audiovisuel susceptible de mettre à nu ce que nous avons appelé l’idéologie de la Ve République, afin de restituer, en particulier aux jeunes générations, l’histoire commune dans sa complexité et sa fraternité trop oubliées.

Le Club Novation Franco-Africaine mettra tout en œuvre afin qu’à l’avenir, les axes historiographiques fondamentaux exposés dans le Manifeste du Club Novation Franco-Africaine soient, le plus rapidement possible, pris en compte dans l’élaboration des programmes scolaires.

Le Club Novation Franco-Africaine s’attèlera à la préparation d’un Symposium franco-africain qui, dès la première année, visera à définir un programme au service d’une vision vertueuse et stratégique des relations franco-africaines. Ce programme sera soumis aux instances dirigeantes des pays concernés.

Le Club Novation Franco-Africaine diffusera systématiquement les résultats de ses travaux en direction des médias et des associations.

Le Club Novation Franco-Africaine ira aussi, notamment, à la rencontre des femmes et des hommes politiques français et africains, de droite comme de gauche, pour les questionner sur ce pan historique et politique qu’il met au jour : l’histoire occultée de la décolonisation franco-africaine et ses inavouables non-dits. Afin de les interroger, à cette aune, sur les propositions qui sont les leurs aujourd’hui, en matière de réflexion et d’action franco ou euro-africaines.


Objectifs

Que l’Afrique et la France renouent l’une avec l’autre, dans un rapport de fraternité, c’est-à-dire d’estime réciproque et de respect de l’autre dans son originalité et ses spécificités, sans être aveugles à leur profonde et commune identité, forgée par l’histoire et enracinée dans l’humain.

Fort de cette conviction, loin des rancœurs mais sans amnésie, conscient que tout crime, tout crime raciste en particulier, nous renvoie avant tout à nos faiblesses d’homme, le passé doit redevenir source de leçons pour mieux agir, non un prétexte pour commettre de nouveaux crimes.

Persuadé par-dessus tout, dans le sillage d’Alioune Diop, que l’homme de demain sera un homme moderne, un honnête homme debout face à tous les esclavages et à toutes les superstitions, ouvert à l’Autre et au monde, fier de ses racines sans y être empêtré, le Club Novation Franco-Africaine entend œuvrer pour qu’une nouvelle politique franco-africaine devienne réalité, dans la Liberté, l’Egalité, la Fraternité et la Laïcité. Fidèle au souvenir de la sublime Nuit du 4 août 1789, qui surgit sous les cieux de France, mais s’adressait dans la joie à tous les hommes de l’univers.


Fait à Paris, Bordeaux et Düsseldorf,
octobre 2007-mars 2009

Jean-Marie Aimé
Mauricio Garay
Claude Garrier
Alexandre Gerbi
Soraya Karimi
Magloire Kede Onana
Samuel Mbajum
Simon Mougnol
Hilaire Sikounmo
Raphaël Tribeca
Agnès Ullrich

Contact / Information : .cnfa1
@yahoo.fr